GÉRARD KHODJA, DIRECTEUR D'OPÉRATIONS A52, VINCI AUTOROUTES, ESCOTA

Gérard KHODJA
Directeur d’opérations A52, 
VINCI Autoroutes, ESCOTA

 

Vous êtes directeur d’opérations sur l’élargissement de l’autoroute A52 ; concrètement quelles sont vos missions, quel est votre rôle ?

J’ai trois missions principales qui consistent, dans l’ordre, à piloter le projet dans le respect du délai et des coûts, gérer les différents intervenants et collaborateurs, dont les prestataires externes, et réaliser des arbitrages techniques ou financiers, dans la mesure où cela est nécessaire. Mon rôle est celui d’un chef d’orchestre. Le planning de l’opération découle d’un contrat de plan convenu avec l’État, ce dernier me sert de partition. Ce planning intègre bien évidemment différents jalons dont la date de mise en service de l’opération. Cette dernière est arrêtée au plus tard au 4 juillet 2019, soit 30 mois à partir de l’arrêté de la loi sur l’eau obtenu le 4 janvier 2017. L’objectif fixé à la signature du marché avec l’entreprise est une fin de travaux au 16 avril 2019. Il m’appartient donc dans ce cadre d’organiser et coordonner l’ensemble des moyens humains impliqué dans le projet.

 

Pour vous, maître d’ouvrage, quels sont les enjeux, les particularités de ce projet ?

Le plus gros des enjeux réside dans le respect du délai contractuel de livraison fixé par l’autorité de tutelle. Par ailleurs, cette section d’élargissement présente la particularité de se situer dans un secteur très circulé, très contraint avec peu d’emprises. Pour pouvoir élargir, sachant que l’élargissement s’effectue par l’extérieur, les équipes travaillent sous circulation, protégées derrière des séparateurs modulaires de voies (SMV). Cette configuration nécessite une vigilance accrue tant pour la sécurité des usagers que pour celle du personnel de l’entreprise, des prestataires et des opérateurs du district qui installent les dispositifs de sécurité. Nous devons également tenir compte d’un trafic pendulaire très important : un grand nombre d’usagers circulent en direction de Marseille le matin et en reviennent en fin de journée. Autre particularité de ce chantier, afin de permettre l’élargissement à 2 x 3 voies, nous avons procédé à la déconstruction d’un pont enjambant l’autoroute, laquelle a nécessité une fermeture totale de l’autoroute durant la nuit du 30 septembre dernier. En remplacement de l’ouvrage, en accord avec les collectivités, une voie latérale a été créée, rétablissant ainsi les circulations pour les riverains.

 

Combien de personnes travaillent dans votre équipe ?

L’équipe de la direction d’opérations est constituée de cinq personnes auxquelles s’ajoutent des assistants à maîtrise d’ouvrage (AMO), des assistants à maîtrise d’ouvrage techniques (AMOT), le personnel des bureaux de contrôle pour l’environnement et pour la sécurité. De plus, compte-tenu du contexte, nous avons fait le choix de renforcer les visites de contrôle aléatoires en désignant des préventeurs en complément du coordonnateur sécurité. L’objectif est de s’assurer que les entreprises intervenant sur le chantier travaillent en toute sécurité et, le cas échéant, de faire remonter les dysfonctionnements éventuels au maître d’ouvrage. Nous nous appuyons également sur des services de supports internes à ESCOTA et des services transverses pour les aspects juridique, foncier ou liés à la communication pendant les travaux ainsi que sur le groupement lui-même. En résumé, si l’on compte également la vingtaine de personnes salariée du maître d’œuvre, une centaine de personnes collabore actuellement à cette opération.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

Génie Civiliste de formation, cela fait 32 ans que je travaille au sein des entreprises du groupe VINCI dont 25 années dans les travaux autoroutiers. Au fur et à mesure des années, j’ai eu l’opportunité d’évoluer en bureau d’études, en entreprise, puis j’ai intégré la maîtrise d’œuvre et, depuis 13 années, la maîtrise d’ouvrage. Durant mon parcours, j’ai passé sept ans dans le domaine des travaux ferroviaires, en particulier sur le projet de Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique Tours-Bordeaux.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Voilà maintenant de nombreuses années que je travaille dans ce domaine et j’ai eu la chance d’intervenir sur plusieurs chantiers plus ou moins complexes. Toutes ces expériences professionnelles et humaines me permettent aujourd’hui de dire que ce qui me correspond le mieux est l’opérationnel, le contact avec le terrain, la relation aux entreprises, et surtout l’environnement chantier c’est-à-dire tout ce qui est en rapport avec les engins et les travaux.