OLIVIER LEPIZZERA, ASSISTANT TECHNIQUE À LA MAÎTRISE D'OUVRAGE, BORÉALIS INGÉNIERIE

Olivier LEPIZZERA
BORÉALIS Ingénierie
ATMO sur le projet d’élargissement de l’autoroute A52

 

Vous avez plusieurs cordes à votre arc. Vous êtes Expert Infrastructures, certifié Expert Judiciaire, membre de l’Ordre des Experts Internationaux de Genève, membre du Conseil Experts Sans Frontières à Paris. Riche de ces savoirs, expliquez-nous les missions que vous menez en qualité d’Assistant Technique à la Maîtrise d’Ouvrage dans le contexte du projet d’élargissement de l’autoroute A52 ?

À la base, je suis un technicien spécialisé en matière d’infrastructures, plus particulièrement dans les domaines routier, autoroutier, ferroviaire, portuaire, aéroportuaire et sols sportifs.
Mon expérience, sollicitée par divers organismes nationaux et internationaux, m’a permis de me diriger vers l’expertise. Le certificat d’expertise judiciaire obtenu en 2012 me confère une reconnaissance légale pour accomplir les missions qui me sont confiées.
BORÉALIS Ingénierie évolue auprès des grandes Maîtrises d’ouvrage françaises telles que les réseaux autoroutiers, plus particulièrement ASF et ESCOTA, et les collectivités pour les voiries de TRAM et BHNS, notamment.
À l’international, nous effectuons des missions et des conférences expertales auprès de l’ONU ou bien de la Croix-Rouge, pour ne citer qu’elles.

Mon rôle en tant qu’Assistant Technique à la Maîtrise d’ouvrage consiste à être le bras armé technique de la Direction des Opérations de l’A52. Dans le métier de la construction de grandes infrastructures, la réussite d’une opération repose sur deux points essentiels, dépendants de l’autorité du Maître d’ouvrage. Il s’agit de l’économie du marché laissée sous la responsabilité des Maîtres d’œuvre, toujours sous le contrôle du Maître d’ouvrage, et de la technique, laquelle nous a été confiée dans le cadre du marché.
Je collabore avec Gérard KHODJA, directeur des Opérations de l’A52 sur le projet d’élargissement depuis 2016, période durant laquelle nous avons travaillé ensemble à l’optimisation des pièces techniques contractuelles.
Au travers de notre expertise, notre mission est d’apporter des solutions techniques et économiques dans le cadre du contrat et des référentiels spécifiques, en réponse aux risques avérés ou sous-jacents et contribuer ainsi à la réalisation de travaux de qualité tout en maîtrisant les budgets alloués au projet.
Ayant été auditeur qualité, certifié AFAQ, intervenant à la base de nombreux systèmes qualité au sein de la profession à partir des années 1990, je m’appuie sur la maîtrise de ces normes et référentiels pour articuler nos missions.

À la demande du Maître d’ouvrage, avec pour objectif de garantir ses intérêts, nous avons en charge ce qui relève de la supervision d’études, d’investigations et de dimensionnement d’ouvrages, validation de méthodes, agrément des fournitures et suivi de travaux.
Pendant le déroulement des travaux, notre mission d’assistance technique s’applique également au sein de tous les processus du marché et, en particulier, pour la supervision des prestations du Laboratoire de contrôle et de la brigade topographique intervenant pour le compte du Maître d’ouvrage.
Concrètement, notre rôle est l’organisation et le déclenchement du bon contrôle au bon moment afin d’établir une mesure du risque pertinente.
Plus récemment, à l’initiative du Maître d’œuvre, nous avons pris la responsabilité du management du système qualité du marché, ce qui implique un contrôle des processus du Maître d’œuvre et de l’entreprise.

Pour vous, Assistant Technique à la Maîtrise d’Ouvrage, quels sont les particularités de ce projet ?


Une des particularités de ce chantier est d’être réalisé à proximité du réseau sous circulation, avec des contraintes fortes liées aux profondeurs importantes des déblais, aux hauteurs significatives des remblais, à la pose d’ouvrages spécifiques, à la réalisation d’ouvrages d’art en sous-bassement, en approfondissement au sein d’espaces de circulation réduits. Nous nous devons de prendre en compte l’ensemble de ces paramètres en agissant sur les moyens matériels ou humains et sur les méthodes, qu’elles soient pour les approvisionnements, la mise en œuvre, les ouvrages préfabriqués ou autres.
Dans ce contexte, les moyens utilisés pour la tâche à effectuer doivent être dimensionnés avec pour préoccupation première la sécurité des usagers, des personnels d’entreprises, des prestataires et des opérateurs de l’exploitation qui réalisent la mise en place des dispositifs de sécurité.

L’autre particularité, cette fois spécifique à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, est son environnement géologique. En effet, nous sommes sur des massifs calcaires présentant des fractures parfois importantes qu’il faut gérer au cas par cas, les études n’ayant pas forcément toujours permis d’anticiper ces situations.

Enfin, ce chantier est complexe. Il réunit un grand nombre de métiers pour exécuter les travaux de terrassement, de chaussée et d’ouvrages d’art. L’élargissement des ponts, en grand nombre, réclame des prescriptions techniques et mécaniques précises. Il est nécessaire d’adapter les matériaux et les méthodes pour qu’ils soient compatibles avec l’environnement existant.
En matière de gestion des critères environnementaux, nous travaillons en permanence selon un axe de réutilisation des déblais, de recyclage des enrobés et des déchets issus de la démolition d’ouvrages en béton.

Combien de personnes travaillent dans votre équipe ?


BORÉALIS sait mettre les moyens en réponse aux besoins de ses clients en général et de l’opération de l’autoroute A52 en particulier, qu’ils soient propres ou bien issus de ses réseaux judiciaires, techniques et économiques, afin de mettre à la disposition du projet les experts adaptés à chaque situation.

Quel est votre parcours professionnel ?


Sans interruption depuis 1987, j’ai débuté ma carrière dans le secteur public, suivi d’une longue expérience en entreprise nationale, puis la création de mes propres entreprises.
Entré en mars 1987 au sein du réseau des Ponts et Chaussées en section carrières et granulats puis, très rapidement, l’opportunité m’a été offerte de travailler dans le domaine de la route. Dès 1988, au travers de mes premiers marchés d’élargissement de chaussées et de constructions neuves de sections autoroutières, s’amorçait l’apprentissage de ce qui deviendrait ma profession.
En 1991, une PME française d’envergure nationale, appelée à devenir VINCI quelques années plus tard, m’a recruté afin de développer un besoin naissant exprimé par les entreprises, à savoir les études, la mesure, l’essai… Les premiers Laboratoires d’entreprise.
En 1994, un nouveau challenge m’est proposé. Il vise à développer le réseau technique dans le Sud-Ouest de la France pour le compte de cette entreprise grandissante, en intégrant le contrôle, une partie prépondérante de recherche sur les produits routiers et le développement des produits spéciaux au sein de laboratoires que j’avais contribué à créer.
En 1996, tout en restant directeur de ce réseau technique, il m’est proposé d’évoluer vers la technique routière et, ce faisant, j’assiste les directeurs de la nouvelle VINCI pour l’étude et le montage des dossiers de construction routière pour toutes les grosses infrastructures au travers d’EUROVIA Grands Projets Industriels.
En 2002, je décide de mettre mon savoir et mes connaissances au service des Maîtres d’ouvrage en créant le premier bureau d’études et de contrôle routier privé en France, ACR (Assistance au Contrôle Routier). Il sera implanté à son terme sur le territoire national ainsi que dans les Caraïbes et en Corse.
En 2012, je cède ma société au groupe Bureau Véritas et, le temps de la passation, j’ai en charge la direction de Bureau Véritas Infrastructures monde.
BORÉALIS né en 2014.

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Au fur et à mesure des années, le fil conducteur de mon évolution a été la passion de mon métier. L’intérêt de ce métier fondé sur le savoir est de pouvoir travailler en bonne intelligence avec un relationnel humain fort, bien souvent sur des temps de réactivité courts où la confiance est primordiale et, systématiquement sur des prototypes car chaque chantier est unique.
Le relationnel et l’intelligencia des hommes, la gestion du risque, la compréhension des problèmes quels que soient les niveaux et les thématiques, la recherche de solutions associées sont les clefs du plaisir quotidien que m’offre ce métier.
Il me conduit à travailler aux côtés de nombreux décideurs, au cœur de différentes stratégies, et à développer un niveau d’échange, de partenariat et de confiance passionnants.