JOËL ARFI, PHOTOGRAPHE ET ILLUSTRATEUR, STUDIO ARFI

Joël ARFI,
Photographe et illustrateur, STUDIO ARFI

 

Vous êtes en charge pour la DOA52 de faire des reportings photos et des documents techniques graphiques du chantier ; parlez-nous de vos missions dans le cadre du projet d’aménagement de l’autoroute A52 ?

J’ai deux missions principales. La première de mes missions consiste à suivre l’avancement des travaux par l’intermédiaire de mon objectif photographique, depuis les terrassements jusqu’à la pose des murs acoustiques, en passant par la création d’ouvrages, avec pour enjeu d’effectuer des prises de vue mettant en valeur la matière.

Dans ce cadre, mon travail revêt un caractère chronologique. Pour explications, des prises de vue qui ne semblent à priori pas présenter d’intérêt maintenant peuvent prendre toute leur valeur par la suite. Mises bout à bout, ces photos vont raconter un chapitre de l’histoire du chantier en illustrant les étapes successives d’une des opérations menées.

Je m’attache à capturer aussi fidèlement que possible l’esprit et l’ampleur titanesque de cette opération en photographiant les machines en action, les quantités de terre qui sont déplacées et les paysages qui se transforment en peu de jours. J’ai aussi à cœur de montrer les femmes et les hommes du chantier, en train de manipuler des machines énormes lors d’opérations nécessitant finesse et précision. Le contraste entre l’Homme et la machine est très beau.

Cette mission s’accompagne de contraintes avec lesquelles il faut savoir composer, comme la luminosité, l’évolution des paysages et les conditions météorologiques, en faisant montre de grande précision et de maitrise technique.

La seconde mission réside dans l’élaboration d’images composites. Je crée ces illustrations avec le logiciel Photoshop, à partir des photos prises sur le site et d’une banque de données que j’ai enrichie au fur et à mesure des années et de mes nombreuses créations.

Sur un contexte de pont qui va être élargi, je vais utiliser l’une des photos réalisées, enlever l’échafaudage et remettre du béton, de la végétation, des véhicules à la palette graphique pour donner vie et réalisme à la scène. Une fois achevé, ce visuel permet la visualisation de l’ouvrage dans son environnement, tel qu’il sera lors de la mise en service du projet. Il peut être utilisé par Monsieur Gérard KHODJA, Directeur des Opérations de l’A52 sur le projet d’élargissement, pour présenter les écrans acoustiques aux différentes communes.

Pour accomplir ces missions, je me rends de manière régulière, plus ou moins espacée sur le chantier, et lors de moments clés comme la pose des murs ou la mise en place des réseaux. Je suis pour ma part photographe à pied. Je collabore ponctuellement avec un collègue qui réalise des prises de vue aériennes.

 

Selon vous, quels sont les enjeux, les particularités de ce projet ?

Ce projet amène un changement urbaniste et écologiste. À ce titre, au moyen de mes prises de vue, je fais non seulement découvrir les différentes phases de travaux mais aussi la manière dont elles sont réalisées, avec précaution et dans le respect de l’environnement.

Je photographie également des opérations complexes, ou susceptibles de l’être, avec un fort enjeu, notamment sécuritaire. Mes clichés rendent compte de la qualité et de la justesse de la construction. Effectués selon les directives de Messieurs Gérard KHODJA et Amar BELALEME, Gestionnaire de maîtrise d’œuvre, il arrive que certains de mes reportages contribuent à faire évoluer des points spécifiques du chantier.

 

Combien de personnes travaillent dans votre équipe ?

Je travaille seul la plupart du temps. Je suis passionné par mon métier et j’y consacre tout le temps nécessaire. C’est un métier qui s’apparente à l’artisanat d’art et qui se prête très bien aux partenariats. Tout au long des 25 années d’exercice de cette profession, je me suis entouré d’une équipe de collègues qui fournissent des prestations complémentaires aux miennes, que ce soit dans la photo aérienne ou l’imprimerie. Ces partenariats me permettent de proposer un ensemble de produits et services plus adapté à la demande de mes clients.

 

Quel est votre parcours professionnel ?

Entièrement autodidacte, j’ai suivi des formations professionnelles dans les agences de publicité et de packaging pour le compte desquelles je travaillais.

J’ai ouvert mon studio de design et création il y a 25 ans. Alors que les moyens informatiques à notre disposition n’offraient pas autant de possibilités que maintenant, j’ai commencé par créer des plaquettes publicitaires ; je faisais déjà de la photo, des illustrations et des maquettes. Petit à petit, je me suis spécialisé dans la communication institutionnelle pour les chambres d’agriculture, les universités, les conseils généraux, etc. 

Avec le temps, ma clientèle s’est développée pour intégrer des promoteurs et des cabinets d’architectes.

Pendant ces 5 dernières années, j’ai aussi enseigné le design graphique orienté communication et médias imprimés auprès d’étudiants inscrits à l’université en licence de STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives). Dans la perspective de leur futur emploi, l’objectif était de leur permettre de devenir pertinents en matière de communication pour porter les événements qu’ils auraient à organiser et promouvoir les clubs sportifs qu’ils auraient à diriger. 

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans ce métier ?

Le métier d’artisanat d’art offre un côté technique qui requière un savoir-faire et des connaissances précises, et un côté artistique puisque les prises de vue et les images composites font appel à un sens du goût et des couleurs. La combinaison de ces deux aspects est fort intéressante.

Plus particulièrement, ce métier me donne l’opportunité de travailler avec des clients très différents, ce qui m’amène naturellement à intervenir sur des sujets très variés et à découvrir des mondes que je ne connaissais pas.

Enfin, ce métier justifie de faire preuve d’adaptabilité et impose de se réinventer de temps en temps ; l’important pour moi est de répondre à la demande du client, parfois dans des délais tendus, et de le savoir satisfait du résultat.